La « grande transhumance estivale » relie à longue distance les basses plaines provençales et le littoral méditerranéen aux pelouses alpines. Nombreux sont ainsi les éleveurs de la Crau ou du haut Var à estiver dans la vallée de l’Ubaye, notamment sur les alpages du Col de Larche.
La transhumance dite « locale » désigne la montée en estive, sur des alpages de proximité, des troupeaux des communes de montagne ou des zones de piémonts. Elle s’exerce notamment dans les vallées de la Blanche, de l’Ubaye et de la Stura.
La transhumance dite « hivernale » est pratiquée par certains troupeaux des exploitations montagnardes, qui viennent passer l’hiver dans les plaines ou massifs forestiers littoraux de basse Provence. Elle ne concerne plus désormais la vallée de la Stura, depuis laquelle certains élevages partaient hiverner dans les plaines proches de Cuneo.
Aujourd’hui, seuls certains troupeaux, représentant environ 25 000 têtes et hivernant dans le Var, les Alpes-Maritimes ou le Sud des Alpes-de-Haute-Provence, continuent de transhumer à pied vers les vallées proches de l’Ubaye, de la Tinée ou du Verdon. La transhumance à pied y étant encore tolérée, ils empruntent les petites routes départementales et nationales, les chemins, les carraires quand elles existent encore. Les voyages, d’une distance moyenne de deux cent kilomètres, durent alors de cinq à douze jours, avec un départ dans la première quinzaine de juin.
De nos jours, la plupart des cheptels sont en effet transportés dans des bétaillères pouvant contenir, sur trois ou quatre étages, près de 400 têtes. Le pays d’estivage traditionnel est représenté par les Alpes de Provence (Mercantour, Ubaye, Haut-Verdon…) et les montagnes méridionales du Dauphiné (Vercors, Briançonnais). Avec le développement du transport par chemin de fer puis par camions, les troupeaux gagnent aujourd’hui également l’Oisans et la Vanoise, et jusqu’au massif du Mont Blanc.


19 et 20 avril 2014